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Quand et comment tailler un figuier pour une belle récolte

Votre figuier pousse dans tous les sens, produit des fruits minuscules, ou commence à envahir le jardin du voisin ? C’est normal. Un figuier non taillé fait ce qu’il veut. Et ce qu’il veut, c’est devenir énorme.

La bonne nouvelle : tailler un figuier n’a rien de compliqué. Quelques coupes bien placées au bon moment suffisent à le garder productif, compact et en bonne santé. Encore faut-il savoir quand intervenir, comment couper, et surtout ce qu’il ne faut jamais faire.

Quand tailler un figuier ?

Le timing est crucial. Taillez trop tôt, le gel détruit les plaies. Taillez trop tard, vous coupez les bourgeons qui portent les fruits.

La fenêtre idéale : fin février à début mars, quand les dernières gelées s’éloignent mais que la végétation n’a pas encore redémarré. Vous repérez ce moment facilement — les bourgeons gonflent sans être encore ouverts.

En climat méditerranéen, vous pouvez commencer dès mi-février. Dans le nord de la France, attendez plutôt mi-mars. Fiez-vous à votre météo locale, pas au calendrier.

Période Action Pourquoi
Fin février – début mars Taille principale Avant le débourrement, risque de gel passé
Juin Pincement des jeunes pousses Favorise la ramification et la fructification
Après récolte (septembre) Nettoyage léger Retirer bois mort et branches cassées
Novembre – janvier Ne rien faire L’arbre est dormant, les coupes gèlent mal

Unifère ou bifère : la distinction qui change tout

Avant de sortir le sécateur, identifiez votre figuier. C’est la base.

Figuier unifère

Il produit une seule récolte par an, en fin d’été (août-septembre). Les fruits se forment sur le bois de l’année. C’est le type le plus courant dans le nord de la France. Variétés classiques : ‘Violette de Solliès’, ‘Brown Turkey’.

Pour l’unifère, vous pouvez tailler plus sévèrement. Le nouveau bois qui repoussera au printemps portera les fruits de l’été suivant.

Figuier bifère

Il fructifie deux fois : les figues-fleurs en juin-juillet (sur le bois de l’année précédente) et la récolte principale en septembre (sur le bois de l’année). Variétés typiques : ‘Dauphine’, ‘Goutte d’Or’.

Attention. Si vous taillez trop court un bifère, vous supprimez les figues-fleurs. Il faut conserver une partie du bois de l’année précédente — les petites figues embryonnaires sont déjà visibles à l’extrémité des rameaux en hiver, comme de minuscules billes vertes.

Les outils indispensables

Pas besoin d’un arsenal. Voici le strict nécessaire :

  • Sécateur à lame franche — pour les branches jusqu’à 2 cm de diamètre
  • Ébrancheur (coupe-branches) — pour les branches de 2 à 5 cm
  • Scie d’élagage — pour tout ce qui dépasse 5 cm
  • Gants épais et manches longues — obligatoires (on en reparle juste après)
  • Alcool à 70° ou eau de Javel diluée — pour désinfecter les lames entre chaque arbre

Danger : la sève du figuier brûle la peau

Ce n’est pas une précaution de principe. La sève blanche (latex) du figuier contient des furocoumarines. Au contact de la peau et du soleil, elles provoquent des brûlures chimiques parfois sévères : rougeurs, cloques, marques brunes qui persistent des semaines.

Portez des gants. Toujours. Portez des manches longues. Même s’il fait chaud. Et si vous recevez de la sève sur la peau, rincez immédiatement à grande eau sans frotter.

Taillez de préférence par temps couvert ou en fin de journée pour limiter le risque d’activation par les UV.

Taille de formation : les 3 premières années

Vous venez de planter un jeune figuier ? Il faut lui donner sa forme dès le départ. La forme en gobelet est la plus adaptée : elle aère le centre de l’arbre et facilite la cueillette.

Année 1

Coupez le scion (tige principale) à 50-60 cm du sol, juste au-dessus de 3 à 5 yeux bien répartis autour du tronc. Ces yeux deviendront les charpentières.

Année 2

Sélectionnez 3 à 4 branches bien espacées qui forment le gobelet. Raccourcissez-les d’un tiers. Supprimez les autres.

Année 3

Rééquilibrez la ramure. Supprimez les branches qui poussent vers l’intérieur ou qui se croisent. L’objectif : une silhouette ouverte, aérée, avec de la lumière au centre.

Taille d’entretien : chaque année

Une fois la charpente en place, la taille annuelle est simple. En 20 minutes, c’est plié.

  1. Retirez le bois mort — il se reconnaît à son aspect gris, sec, sans bourgeons
  2. Supprimez les branches qui se croisent — elles frottent, blessent l’écorce, et favorisent les maladies
  3. Éliminez les gourmands — ces pousses verticales et vigoureuses qui partent du tronc ou des charpentières sans porter de fruits
  4. Raccourcissez les branches trop longues — coupez au-dessus d’un bourgeon tourné vers l’extérieur, en biais
  5. Aérez le centre — la lumière doit pénétrer au cœur de la ramure pour que les fruits mûrissent

Pour un figuier bifère, conservez les extrémités des rameaux d’un an qui portent les embryons de figues-fleurs.

Le pincement en été : un geste bonus

En juin, quand les jeunes pousses atteignent 20-30 cm et portent 5 à 6 feuilles, pincez leur extrémité (coupez les 2-3 dernières feuilles avec les doigts ou le sécateur). Ça force l’arbre à ramifier. Plus de rameaux courts = plus de fruits l’année suivante.

Ce geste est particulièrement efficace sur les figuiers unifères. C’est rapide, ça ne demande pas d’outil spécial, et le résultat est spectaculaire sur la récolte suivante.

Les erreurs qui ruinent votre figuier

Certaines erreurs reviennent sans cesse. Les voici, pour que vous ne les fassiez pas.

  • Tailler en plein hiver — les plaies gèlent, la cicatrisation est impossible, les champignons s’installent
  • Couper toutes les extrémités d’un bifère — vous supprimez la récolte de figues-fleurs
  • Rabattre trop sévèrement d’un coup — l’arbre réagit en produisant des dizaines de gourmands vigoureux et stériles. Étalez les tailles drastiques sur 2-3 ans
  • Oublier de désinfecter les outils — vous propagez les maladies d’un arbre à l’autre
  • Appliquer du mastic cicatrisant — inutile voire néfaste. Le figuier cicatrise très bien seul. Le mastic peut piéger l’humidité et favoriser la pourriture

Si vous envisagez de cultiver un figuier en espace réduit, découvrez notre guide complet pour cultiver un figuier en pot — la taille y est encore plus importante pour maintenir un volume gérable.

FAQ

Peut-on tailler un figuier en été ?

Oui, mais uniquement un pincement léger des jeunes pousses en juin. Évitez toute taille sévère entre avril et septembre : la sève circule activement, les plaies cicatrisent mal et l’arbre perd beaucoup d’énergie.

Mon figuier est devenu énorme, puis-je le rabattre drastiquement ?

Oui, mais étalez l’opération sur 2 à 3 ans. Rabattez un tiers de la ramure chaque fin d’hiver. Une taille trop radicale en une seule fois provoque une explosion de gourmands stériles et stresse l’arbre dangereusement.

Faut-il mettre du mastic sur les coupes ?

Non. Les études montrent que le mastic cicatrisant n’accélère pas la guérison et peut même emprisonner l’humidité, favorisant le développement de champignons. Laissez les plaies sécher à l’air libre.

Comment savoir si mon figuier est unifère ou bifère ?

Observez-le pendant une saison complète. S’il produit des fruits en juin-juillet ET en septembre, il est bifère. S’il ne fructifie qu’une fois en fin d’été, il est unifère. En hiver, les petites figues embryonnaires aux extrémités des rameaux d’un figuier bifère sont un indice supplémentaire.

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